Après l’annonce de la suppression du service des nouvelles de TQS, c’est au tour de Thomson Reuters de renvoyer 140 journalistes. En compensation, la société anglo-canadienne devrait créer 20 postes dédiés à la Web vidéo. L’équation est difficile pour les professionnels de l’information.
Échange journaliste contre caméra
Thomson Reuters prévoit de réaliser 750 millions de dollars de synergie pour 140 postes supprimés et possiblement 50 créés à l’avenir. Si je prends ma petite calculatrice 750 / (140-50) = 8,33 M $ par poste. Le cours du journaliste est élevé. Je me demande si je ne vais pas en acheter quelques-uns.
Plus sérieusement, ces annonces sont le signe d’un changement profond dans le système de publication de l’information, dont le cycle doit être toujours plus court et plus riche. C’est pour ce dernier point que Thomson Reuters prévoit de faire travailler 20 personnes sur la production de vidéos sur le Web. Malheureusement, ce ne sont pas ceux qui tenaient la plume qui porteront la caméra.
Un passage difficile pour le journalisme
Le journaliste est-il soluble dans le Web. C’est la question que je me pose en ce moment en entendant les suppressions de postes qui tombent dans les médias. Lors du live Webcom de la semaine dernière, c’est également la question que j’ai posée à Jean-Michel Vanasse et son cameraman Martin. Je me suis entretenu avec Jean-Michel, qui est directement touché par le “lifting” de TQS. Le 1er juin, les nouvelles du mouton noir de la TV se feront sans lui.
Notre conversation portait sur le passage de l’ancien au nouveau média. Comment passer d’une production qui demande 500.000 $ de matériel à une production Web qui n’en nécessite que 5.000 $ ? Tout le processus doit être revu pour coller à la réalité de marché du Web, qui est constitué d’audience de niche, contrairement à l’audience de masse de la télévision traditionnelle.
2008, l’année de la Web vidéo
Avec le Web, la face des rédactions des grands médias a complètement changé ces 10 dernières années. Le journaliste doit être ambidextre, écrire autant pour le papier de cellulose que pour sa version électronique. Sans vouloir rentrer dans de grandes prédictions, force est de constater que 2008 est une année de rupture où la vidéo sur Internet prend toute la place.
Si en tant que professionnel du Web, je me félicite de la plus grande réactivité des médias à nous offrir du contenu riche, à titre personnel, j’espère que la qualité de l’information ne sera pas sacrifiée.
Nos archives: entrevue de Jeff Mignon sur la situation des médias face à Internet (Intruders TV Canada)

Il y a un rapprochement évident à faire entre le caractère éclaté du réseau Internet et le style de montage vidéo qui s’avère le plus apte à capter l’attention des internautes, aujourd’hui, notamment les plus jeunes. J’en ai découvert une illustration assez frappante, il y a quelques semaines, en visionnant deux vidéos destinées à promouvoir l’

Chacun pourra bientôt proposer sa candidature. Pour certains,
Peut-on espérer que les téléspectateurs restent encore longtemps devant leur télévision à attendre qu’on leur serve leur dose de distraction quotidienne ? Si la vidéo s’étend sur l’ordinateur, Internet et le téléphone cellulaire, c’est que les modes de consommation ont changé. L’entreprise devra s’adapter, sous peine de perdre la communication avec ses clients.
Les médias traditionnels sont dépassés par la montée en puissance de productions indépendantes sur le Web. L’annonce de la Web-TV de
peer-to-peer (Pando), les lecteurs terminaux mobiles grâce à iTunes, et même la télévision avec
Imaginez un loft virtuel où vous pouvez rencontrer les personnes interviewées dans un magazine que vous venez d’acheter chez votre libraire. Vous êtes acteur de ce monde 3D où les internautes présents peuvent discuter entre eux des sujets qu’ils découvrent.
La boucle est bouclée, mais le filon a ses limites. Il n’est pas question de création de nouveaux concepts, mais juste de recyclage de contenus sur différentes plateformes. Pour préparer la TV de demain, Quebecor devrait plutôt contacter