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Sexe, mensonge, fausse pub et Web vidéo

Hier matin, sur le blogue de Yannick Manuri, j’ai découvert une fausse publicité virale pour la bière Guiness diffusée sur YouTube. La célèbre boisson y est associée à l’habile suggestion d’une relation sexuelle entre une femme et quelques hommes. La compagnie exploitant la marque a évidemment réagi en désapprouvant formellement cette parodie. Youtube n’a pas encore retiré le clip et cela ne m’étonne pas, puisque je le trouve moi-même intéressant à plus d’un titre.


Guinness naked viral

L’aspect didactique

Cette fausse pub pousse un cran plus loin l’attitude d’exploitation psychosociale de la sensualité, de la jeunesse et du corps féminin auquel les publicitaires s’adonnent déjà depuis des lustres au profit de commerces de tout acabit — boissons, voitures, vêtements, meubles et j’en passe. Le terrain étant bien préparé, il n’est pas étonnant que plusieurs commentateurs — et commentatrices!– de Yannick avouent l’avoir appréciée. Il n’y a d’ailleurs rien d’explicitement obscène à l’écran. La connexion cognitive avec l’image d’une relation sexuelle orgiaque créée dans l’esprit du webspectateur lui appartient totalement (enfin, presque, comme le précise Martin en commentaire). D’où cette impression de plaisir polisson, mais non coupable.

C’est le même phénomène qui est à l’œuvre lorsqu’on présente une boisson houblonnée dans un contexte qui ne lui est absolument pas associé dans la réalité, mais que nos perceptions et mémoires cognitives associent à une émotion positive. La bière et le party, par exemple. La bière et le flirt lascif avec cette belle fille assise, là, au bar. La bière et le rock & roll à fond la caisse, baby. La bière et le pouvoir régénérant de la nature et de l’océan — ah ben tiens, ça c’est nouveau et cela en dit long sur l’évolution actuelle de notre société, j’y reviendrai dans un instant…

The last campaign for Guinness, created by Abbott Mead Vickers. BBDO, was a press campaign earlier this year to push the drink ahead of the start of the sporting summer. The strapline, “You can almost taste it”, drew connections between a pint of Guinness and natural scen­ery, including the ocean.

Bref, en passant de la sensualité lascive à l’allusion sexuelle explicite, ce pastiche fort bien réalisé donne à voir les ressorts subliminaux profonds du discours publicitaire traditionnel. De ce fait, il m’apparait plus didactique que scandaleux. D’une certaine manière, on peut le regarder comme on regarde une oeuvre d’art.

L’aspect politique

Par exemple, J’ai l’impression que ce genre de détournement rééquilibre quelque peu la relation de pouvoir qui existe, à travers la publicité, entre les sociétés commerciales et les simples citoyens que l’on a pris soin de déshumaniser en les baptisant « consommateurs ». Après des décennies au cours desquelles la pub a manipulé, sans se poser trop de questions éthiques, la psyché collective, voici que la manipulation n’est plus à sens unique et que les images de marque sont elles-mêmes détournées sans vergogne.

Dans le premier cas, la manipulation mentale est désignée par le noble terme de « création publicitaire ». Dans le second, on parlera plus simplement de piratage et d’atteinte à l’image de marque, celle-ci étant protégée par le système juridique des marques de commerce. Pourtant, au fond, il s’agit essentiellement du même phénomène : un mensonge ou, si vous préférez, une fausse promesse destinée à créer une émotion positive à travers une association cognitive artificielle. Pensez à toutes ces pubs automobiles qui, au premier degré, nous vendent une belle fille sexy ou un excès de vitesse criminel.

Reste à évaluer le mobile de ces deux types de manipulations. Dans le cas de la publicité commerciale, il s’agit de provoquer un acte d’achat aux finalités strictement économiques et financières. Dans le second, comme par exemple ce pastiche Guiness, il s’agit de provoquer une distanciation cognitive et, au final, une prise de conscience sociale. C’est, en tout cas, ce que je me plais à croire jusqu’à de plus amples informations sur les motivations réelles des auteurs de ce clip.

L’aspect techno-sociologique

Après avoir malmené le système institutionnalisé de protection des droits d’auteur appliqué aux industries médiatiques, musicales et cinématographiques, il est clair que les technologies numériques associées au réseau Internet commencent à malmener également le système de protection des images de marque. Les œuvres artistiques numérisées et les images de marque ont en effet ceci en commun, qu’elles sont immatérielles et peuvent donc être produites, copiées, modifiées et rediffusées à l’infini.

Par ailleurs, l’amélioration permanente des outils numériques et leur production de masse en font sans cesse baisser la courbe d’apprentissage et les coûts. La réalisation d’un tel pastiche ou la diffusion massive d’une information sont maintenant à la portée de n’importe qui d’assez intelligent et déterminé pour s’en donner la peine. Il est donc à prévoir que les détournements d’images de ce genre vont, à l’avenir, se multiplier.

Et la « comm », dans tout ça ?

Je trouve assez intéressant que Guiness ait récemment choisi d’associer sa marque avec la nature, comme on l’a vu plus haut, plutôt qu’avec l’énergie festive de la jeunesse et la sexualité. Même s’il s’agit toujours d’une exagération publicitaire aux finalités mercantiles, cela dénote un glissement de la psyché collective vers des valeurs plus naturelles, permanentes, essentielles, liées à l’être plutôt qu’à l’avoir et au paraitre.

Tout comme le monde de la pub, celui de la communication a cruellement besoin de faire son examen de conscience afin de mieux répondre aux exigences de notre époque. Je crois profondément qu’il est fini, ce temps où des spins doctors en relations publiques manipulaient sans état d’âme les journalistes — souvent consentants, il faut bien le dire — et rédigeaient des communiqués de presse ronflants et triomphants afin de faire mousser une information objectivement intéressante, mais sans plus.

Dans ce contexte, je crois que nous devons revenir à l’essentiel : des communications factuelles propres et bien faites, visant à servir l’intérêt public à long terme plutôt qu’à obtenir un gain corporatif artificiel à court terme. Bien sûr, c’est loin d’être aujourd’hui ce que tous nos clients nous demandent. Mais certains d’entre le font déjà, ayant compris qu’il est dans leur intérêt de positionner leur entreprise à long terme pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle prétend être. Il est également dans notre intérêt de faire comprendre cela aux autres.

Un aspirateur innovant et bien conçu n’a pas besoin de se cacher derrière une paire de seins pour être bien communiqué. Il en va de même pour une entreprise saine qui a tout à gagner à communiquer en profondeur, avec sincérité, en privilégiant les valeurs humanistes qui devraient idéalement sous-tendre chacune de ses actions économiques.

La communication Web vidéo est un outil particulièrement adapté à ce type de communication. Il n’est pas le seul, certes, mais il permet de mettre l’image, le verbe et l’humain au service des organisations mieux que n’importe quel autre. Nous en reparlerons…

12seconds.tv : Bienvenue dans l’ère de la nano discussion vidéo

12seconds.tv est un nouveau service de vidéo sur le Web, dont le principe est d’offrir uniquement 12 secondes pour passer son message. Dans la veine de Twitter et Seesmic, 12seconds.tv surfe sur la vague du microblogging.

Toujours plus vite, toujours plus court

Home | 12seconds.tv (alpha)Ce n’est pas le slogan des Jeux Olympiques de Beijing, mais ça pourrait être celui des nouvelles applications Web 2.0. À la plaisanterie, je disais il y a quelque temps à un ami que la prochaine étape du microblogging sera le 1 et le 0. Nous enverrons des impulsions pour indiquer notre état.

Entre “status” Facebook et états d’âme Twitter, nous sommes entraînés à communiquer en 140 petits caractères. Avec 12seconds.tv, le tour de force est encore plus important. Comment utiliser les émoticônes (smileys) et raccourcis dans une vidéo ? Peut-être à coup d’onomatopées et de langage des signes.

Plus sérieusement, 12seconds n’est pas nouveau dans le domaine. Depuis plusieurs mois, Seesmic et Flickr Video nous imposent chacun à leur manière un exercice de style vidéo du même genre. Si Flickr Video est proche de la carte postale vidéo, Seesmic se positionne clairement comme un Twitter vidéo.

La vidéo était une suite logique

Équipé d’un iPhone depuis une semaine, je goûte à la joie d’être éternellement connecté. Des applications mobiles comme Twittelator permettent d’enrichir son état d’une photo prise sur le vif et de la géolocalisation, si l’appareil intègre un GPS. Maintenant, vous savez ce que je pense, voyez ce que je vois et savez précisément où je me trouve.

La prochaine brique à cet édifice devait forcément être la vidéo. La technologie est déjà présente avec les nouveaux ordinateurs portables équipés de Webcam, les cellulaires intelligents, les réseaux WiFi et 3G qui quadrillent la ville. Entre la vidéoconférence et le live video mobile, comme Qik ou Flixwagon, 12seconds arrive à pont nommé pour répondre à un nouveau besoin de communication instantané.

12 secondes pour faire  quoi ?

C’est la question que je me suis posée, que Philippe et bien d’autres se sont également posée.  Si des personnes comme moi passent autant de temps à tester des sites comme 12seconds.tv, c’est pour trouver les applications qui vous permettront demain d’être plus performants dans votre communication. Je ne me prends pas pour Jésus, mais c’est vrai que nous avons un rôle d’évangélisateur. Pour bien conseiller, il faut comprendre les technologies, l’environnement, les évolutions. Et pour cela, il faut chercher, découvrir, tester.

De même que les grands médias (ex. : CNN et Canoë) utilisent désormais Twitter pour promouvoir leur fils d’information, il est facile d’imaginer une courte séquence en vidéo pour illustrer un texte. Ces vidéos pourraient être produites très rapidement, sans montage, presque à la volée. L’objectif étant d’informer toujours plus rapidement.


Pub Ovomaltine

PS: Si vous souhaitez une invitation pour 12seconds. laisser un message dans l’espace commentaire ;)

Laurent Maisonnave et Michel Dumais reviennent sur le “webcom live” sur CIBL 101.5 FM

Plus humble qu’il ne le pense, Michel Dumais n’a pas résisté, la semaine dernière, à l’appel du Webcom Live dont il fut l’un des 1942 visiteurs. Ce midi, il avait invité l’équipe de VidéoPresse à son émission de radio Citoyen numérique, diffusée en direct sur CIBL 101.5 FM. La Web Vidéo Communication naissante recevait, en quelque sorte, les honneurs d’un pionnier de la Cyber Radio. :)

Laurent live!Le carnet de commande étant ce qu’il est, Laurent y est allé seul, d’autant qu’il a vécu cette expérience avec un peu plus de recul que moi, étant plus souvent derrière le clavier ou la caméra que derrière le micro. Son expertise de veilleur en marketing Web et en Web vidéo n’est plus à démontrer. Voici un extrait de huit minutes de l’émission.

Téléchargement MP3 ou écoute directe:

À part l’échange savoureux entre Sandrine Prom Tep et Carl Charest (à qui l’on doit l’inénarrable notion de « conférencier template »), Michel a donc trouvé cette émission live un peu trop « langue de bois », mal extirpée du message corporate que les gens d’affaires croient devoir livrer à « la presse ». Et c’est vrai que la caméra et le micro entrainent un stress qui entraine un certain polissage du discours.

En live comme en différé, on ne communique pourtant pas sur le Web comme on si on s’adressait à des centaines de milliers de téléspectateurs impersonnels. On est en relation directe avec une niche pointue constituée de quelques dizaines, quelques centaines, voire quelques milliers tout au plus de « vidéonautes » — chic ! un nouveau paradigme ! :)

Qui plus est, avec une application comme Yahoo! Live, on est en situation d’interactivité avec son auditoire, par le truchement du clavardage et des retours de webcam. Cet environnement communicationnel riche devrait se traduire par une décontraction, une intimité, un esprit d’échange et de partage propre à la communication interpersonnelle.

Laurent a bien fait d’éclairer le passage de Pierre-Karl Péladeau à notre micro sous l’angle de cette relation particulière. Entrainé par son équipe de RP vers une caméra risiblement minuscule et des animateurs totalement inconnus, il nous a d’abord servi des réparties assez plates sur les tarifs astronomiques de l’accès Internet au Canada. Puis il s’est aperçu qu’il y avait des gens et un fil de commentaires incontrôlables à l’écran. Il s’est alors concentré là-dessus et son attitude a changé.

À notre grande surprise, le e-Citizen Kane québecois s’est mis en mode ouverture, improvisation et interaction avec les vidéonautes. Il avait compris que son véritable interlocuteur était là. Il n’est pas devenu quelqu’un d’autre, mais sa réactivité immédiate à la communication participative en disait plus long sur la sensibilité médiatique réelle du bonhomme que le discours remarqué qu’il avait livré en mode 1.0 le matin.

Autre bon point amené par Laurent à Michel, qui comparait son émission de Web radio « historique » réalisée avec Bruno Guglielminetti lors la conférence Inet’ 96 avec notre émission vidéo live : la différence fondamentale entre les deux, c’est l’interactivité. La Web radio ne l’offre toujours pas totalement, en 2008*. Elle ne l’offrira sans doute jamais, car on n’imagine mal une interface intégrée Web radio + clavardage + sources sonores à la carte pour les utilisateurs qui ne comprenne pas également, aujourd’hui, des sources vidéos !

Au final, j’ai trouvé que Michel soulevait des points intéressants et je rend hommage à son immense talent d’animateur live. Ceci dit, j’ai ressenti plein de vibrations et d’attitudes positives de la part des participants du Webcom rencontrés au micro ce jour-là. Nous apprenons de chaque expérience et nous serons certainement mieux préparés la prochaine fois. C’est à nous tous — citoyens, professionnels, artistes, entrepreneurs, journalistes et communicateurs confondus — de tirer le meilleur de ces nouveaux environnements de communication que nous créons, qui transforment nos messages et finissent par nous transformer.

NASDAQ 100 vs Dow Jones 30 : Les compagnies technos aiment la Web vidéo ?

Selon une étude publiée par Kelsey Group pour VideoBloom, l’adoption de la vidéo en ligne serait plus importante dans les sociétés technologiques du NASDQ 100 que dans les grandes compagnies du Dow Jones 30. Les entreprises technos auraient-elles tout compris aux nouvelles stratégies de communication ?

En février 2008, seul un petit 7% des 100 plus grandes compagnies du NASDAQ n’utilisaient pas encore la Web vidéo. De manière plus positive, 93% de ces entreprises ont compris l’impact de la vidéo dans le cadre de leur communication Internet. Elles sont d’ailleurs 13% à avoir mis la vidéo sur la première page de leur site.

VideoBloom VIEW Index™ - February 08

De par leur métier, les entreprises issues du secteur des technologies de l’information ont plus de facilité à appréhender les nouveaux outils de communication. Il n’est donc pas étonnant que dans les faits elles soient les premières à intégrer la vidéo sur leur site Internet. Le partenariat entre TechnoMontréal et VideoPresse en est le meilleur exemple.

VideoBloom VIEW Index™ - March/April 08

Comme Google, VideoPresse se concentre sur sa job

Se définir n’est jamais un exercice facile. Tout d’abord, parcequ’il y a souvent une différence entre la perception qu’on a de soi, et celle qu’ont de nous les autres. Ensuite, rien n’est figé, on évolue et on s’enrichit au fil des rencontres et opportunités. Mais, quel rapport entre Google et VideoPresse ?

Prétentieux comme Google

Google a commencé comme un moteur de recherche. Il s’est mis ensuite à faire de la gestion de courriels, de photos, de vidéos, de documents, etc. Pour devenir le géant que l’on connaît aujourd’hui. Malgré une diversification des plus vaste, le métier de Google n’a pas changé depuis le départ : vendre de la publicité. Pour ça, il utilise le plus grand nombre de canaux possible.

Euro GoogleL’allégorie entre Google et VideoPresse est particulièrement prétentieuse. Je ne dirais pas le contraire. Mais, c’est ce que j’ai trouvé de plus parlant. Pour être honnête, c’est le titre qui marchait le mieux pour le référencent ;)

Professionnel comme VideoPresse

Les nouveaux clients me demandent de définir VideoPresse et ses services, c’est ce qu’on appelle faire le “pitch”. Les mots clés sont “Web Vidéo Communication”. Le Web est le média, la vidéo l’outil et la communication notre métier.

Je ne fais pas de cinéma, de télévision, ni même de publicité. Je parle de la vidéo comme outil performant pour faire passer un message transparent à travers un média à la fois global et de niche qui bénéficie d’un retour sur investissement imbattable. Tous ces mots clés marketing veulent dire simplement qu’utilisé à bon escient, la Web vidéo a un impact très fort. Elle est capable de faire passer des informations et des émotions qu’on ne retrouve pas dans du texte ou des photos.

Une vision globale de la Web vidéo

Logo VideoPresseSi VideoPresse n’a pas la prétention de tout faire, nous avons l’assurance de pouvoir conseiller sur l’ensemble des aspects liés à l’utilisation de la vidéo pour la communication électronique des compagnies.

VideoPresse n’est pas un spécialiste du référencement, mais nous sommes capables de comprendre son impact et de l’intégrer dans notre stratégie de Web vidéo communication. VideoPresse n’est pas un spécialiste en relations publiques, mais notre compréhension du métier permet d’adapter le discours en conséquence. VideoPresse n’est pas un spécialiste en publicité, mais nos vidéos ont pour objectif de vendre l’expertise de nos clients. Pour tous ces aspects, et bien d’autre, Christian et moi travaillons aux côtés de spécialistes qui se font une joie de mettre en pratique avec réussite leur métier.

Montréal, ville de collaboration

Pour diffuser ses annonces largement sur Internet, Google aurait pu mettre en place un partenariat avec Youtube ou Picassa. Mais, Google a trouvé plus opportun de les acheter pour intégrer leur savoir-faire. VieoPresse n’a pas autant d’argent d’ambition sur la Web vidéo. Je suis personnellement ravi de collaborer avec des experts qui sont passionnés par leur métier.

J’étais hier au Café Meliés pour discuter avec Jean et Richard sur l’utilisation de la vidéo pour le site de quelques-uns de leur client. Notre rencontre a finalement débouché sur la création de nouveaux concepts originaux. C’est le genre d’échange que j’adore et qui me fait dire que Montréal et le Québec regorgent de tellement de compétences que se serait un gâchis de ne pas les utiliser.

Aaron’s Papernet at The StationPour conclure sur les effets bénéfiques de la collaboration, je voudrais simplement souligner l’initiative de Patrick Tanguay et Daniel Mireault qui ont créé Station C, un espace de travail collaboratif. Je n’ai même pas besoin de leur faire de la publicité, puisque les locaux sont déjà pleins. Félicitations les gars !

Internet façonne les blogues, qui influencent la communication vidéo

Marshall McLuhan l’a expliqué il y a 44 ans: « le médium est le message ». Transformant nos perceptions, le réseau Internet a imprimé sa marque sur la communication telle que nous la pratiquons. On lui devait déjà le mode de conversation atomisée et asynchrone pratiqué sur les blogues. Il conditionne aussi, désormais, notre approche de la Web vidéo.

Earth Hour 2008Il y a un rapprochement évident à faire entre le caractère éclaté du réseau Internet et le style de montage vidéo qui s’avère le plus apte à capter l’attention des internautes, aujourd’hui, notamment les plus jeunes. J’en ai découvert une illustration assez frappante, il y a quelques semaines, en visionnant deux vidéos destinées à promouvoir l’Heure de la Terre, un événement participatif à caractère écologique organisé par le Word Wildlife Fund.

La première vidéo est justement signée par la WWF. Une série de plans cinématographiques illustre un texte récité avec emphase par l’acteur américain Jeremy Piven, sur fond de musique pompeuse. Le concept de l’événement y est exposé dans le plus pur style « vidéo corporative ». La qualité est impeccable, le tout est très professionnel et… à mourir d’ennui.

Rien à voir avec cette vidéo, nettement plus accrocheuse, entièrement réalisée par le jeune humoriste torontois Derek Forgie. Pas de mise en scène cinématographique. Pas de musique pompeuse. Pas de plan aérien — rien qu’un animateur crédible et allumé qui, en se filmant lui-même, nous livre son message en nous regardant droit dans les yeux.

YouTube Preview Image

Derek a eu l’excellente idée d’enregistrer sa narration à plusieurs reprises et toujours dans la rue. En arrière-plan, on découvre un transformateur électrique, le bureau local de la WWF, une plaque murale de Toronto Hydro, des immeubles commerciaux, l’Hôtel de ville de Toronto et la devanture d’un grand magasin : rien que du quotidien ! Il a varié les angles afin de dynamiser l’image, puis a monté le tout comme on tisse un patchwork, alternant les bribes de séquences au rythme de son propos.

Au final, ce discours « éclaté » dans l’espace et dans le temps retrouve sa continuité de départ, mais ce n’est plus un discours linéaire « classique » plaqué sur des images de circonstance. Il s’agit d’un collage de moments et de lieux distincts, restitués à l’état brut (style « reportage ») et habilement superposés au montage.

Le caractère asynchrone de ce petit film n’a rien à voir avec les ellipses du cinéma classique. À la limite, on aurait pu choisir de mettre en scène plusieurs personnages composant le même discours dans des temporalités et des lieux différents, comme cela se fait couramment dans les publicités télévisées. On aurait alors abouti à un effet de conversation unifiée, à l’image même de celles qui ont cours sur un blogue. Sous un angle strictement publicitaire, cela aurait favorisé l’identification instinctive du spectateur avec les messagers. Mais le locuteur unique (et talentueux!) offre, dans ce cas-ci, beaucoup plus de connivence et augmente ainsi la force de persuasion.

La vidéo n’est pas une conversation bi-directionnelle en soi, mais il est intéressant de constater qu’elle peut en répliquer l’essence. Si les blogues sont le produit communicationnel des technologies de réseau asynchrones et décentralisées (Internet), on peut légitimement se risquer à affirmer que la Web Vidéo est le produit multimédia de la conversation telle qu’elle se pratique dans les blogues.

Il y a des enseignements simples à tirer de cette hypothèse :

  • Pour être crédible dans une Web vidéo, il est moins important d’impressionner que d’être « vrai ».
  • Trois inconnus livrant un discours convergent en mode asynchrone seront plus efficaces, en multipliant ainsi les angles cognitifs, qu’une grosse vedette livrant le même discours de façon linéaire.
  • Ce n’est pas l’importance des moyens mis en oeuvre qui fait la différence, c’est leur adéquation à la communication Web et, surtout, la façon dont on les utilise.
  • Chaque billet de blogue est, on le sait, le point de départ d’une conversation à plusieurs éclatée dans l’espace et dans le temps. De la même manière, chaque Web vidéo est le point de départ d’une conversation entre un émetteur et des récepteurs qui réémettent vers d’autres récepteurs, et ce idéalement à l’infini, selon le shéma de la longue traîne.

C’est cette conversation virale qui constitue le produit communicationnel recherché — et non la vidéo elle-même, qui n’en est, finalement, que la mèche « allumée ». :)

Les vidéos d’Intel nous prennent pour un PC.con !

Intel vient d’inaugurer la nouvelle version de PC.com. Le célèbre fabricant de microprocesseurs ne pouvait passer à côté de la Web vidéo. Une section entière du site lui est dédiée avec 3 émissions pour “aider” les consommateurs. Intel nous donne un très bon exemple de ce qu’il ne faut absolument pas faire en matière de Web vidéo communication.

Les vidéos d'Intel nous prennent pour un PC.con LogoSi je possédais le nom de domaine PC.com, je ferais un minimum d’effort pour ne pas décevoir mes nombreux visiteurs. Comme mon collègue de NeeTeeVee, je suis perplexe devant le ton employé par Intel pour informer le grand public sur le merveilleux monde de l’informatique. Par contre, je trouve normal qu’il utilise ce site pour faire leur promotion. Ce qui me dérange le plus, c’est d’être pris pour un con.

Les vidéos d'Intel nous prennent pour un PC.con !

Exemple N°1: PC Advisor

Intel nous offre un vidéo guide avec une charmante animatrice qui veut nous conseiller pour l’achat d’un ordinateur. Gillian est soit disant une mère de famille qui souhaite booster son PC. Elle nous reçoit chez elle pour discuter de ce douloureux problème.

Après quelques mouvements de caméra à l’épaule un peu houleux, pour avoir un style reporter sur le terrain, nos deux amies échangent sur le choix des composants informatiques.

En quelques secondes, on se rend compte que la vidéo n’est pas tournée dans un vrai appartement, que Gillian est une actrice qui retient bien son texte et que le cameraman en fait beaucoup trop pour être un amateur.

L’objectif est bien évidemment de faire vrai pour nous mettre en confiance. Mais, le résultat et totalement inverse. Je ressens la désagréable impression de me faire fourrer.

Exemple N°2: Tech News

L’acteur qui anime les Tech News de PC.com ressemble étrangement à un Steve Jobs en moins dynamique. L’arrière-plan, composé de tentures noires et bleues, fait également penser aux grandes présentations de produits d’Apple. C’est peut-être pour ça que je n’ai pas été étonné de voir le MacBook Air dans ce premier épisode.

Passons à l’analyse : Le MacBook Air est sorti il y a 6 semaines. On fait plus frais comme nouvelle ! Je suis d’accord que les pubs Apple sont cool, mais ce n’est pas une raison pour les copier. On a l’impression de voir Steve Jobs avec le même produit et le même argumentaire. Pour couronner le tout, il n’y a aucune critique de cet ordinateur. Crédibilité = 0 !

Conclusion : soyez intelligent

Si j’étais Mr Donals McDonald, VP Marketing et Ventes d’Intel, je laisserais tomber mon agence de communication pour aller à la rencontre de vidéo blogueurs professionnels (Hellooo, je suis là!). Ces derniers pourraient lui dire qu’utiliser un pied pour filmer lui donnera une image plus stable, et qu’une vraie mère de famille serait capable de répondre intelligemment à des questions à propos d’informatique.

Enfin, pour se donner bonne conscience et inciter les internautes à “participer” à cette “plateforme d’échange”, PC.com coiffe son logo d’un beau “beta”, histoire de s’assurer un cachet Web 2.0. Comme je le soulignais lors de la conférence WebÉducation de décembre, ce n’est pas parce qu’on utilise des outils Web2 qu’il faut avoir un discours Web1 (voir Web0).

Internet n’est plus nouveau et les citoyens/consommateurs sont conscients des messages qui leur sont envoyés. Un bon conseil, jouez plus sur leur intelligence que sur leur bêtise. Ils vous le rendront bien.